Dévoreur, de Stefan Platteau

« Manesh », Le premier tome de la série « Les sentiers des astres » de l’auteur belge Stefan Platteau, est sorti en avril 2014, et trône fièrement sur ma PAL (dédicacé en plus) depuis à peu près cette date. Sauf que je ne l’ai toujours pas ouvert… La sortie de « Dévoreur », un court roman numéroté en « 0 » dans la saga (c’est à dire pouvant être lu indépendamment du reste) me permet donc d’y faire une entrée en douceur.

 

Quatrième de couverture :

Sommes-nous les jouets des astres ? Qu’est-ce que ces choses lointaines éveillent en nous, qui nous anime et nous pousse à agir d’une façon qui nous étonne nous-mêmes ?

Au-dessus de la demeure de Vidal, l’éleveur d’ânes, une planète brille trop fort ; le comportement de cet homme paisible s’en ressent. Son amie Aube assiste, impuissante, à sa transformation. Parviendra-t-elle à l’arracher à cette influence néfaste, ou faudra-t-il attendre l’aide de Peyr Romo, le magicien des Monts de Soufre ?

Dans la vallée de Pélagis, de vieux instincts s’éveillent, prêts à dévorer toute humanité dans le cœur des êtres…

Une plongée dans l’âme d’un monstre, dans l’univers des « Sentiers des Astres ».

Un court roman pouvant se lire en toute indépendance du cycle principal, luxueusement présenté et illustré, pour les fêtes de fin d’année !

 

Quand les astres dévorent l’âme humaine

Dévoreur - Platteau - couvertureLe moins que l’on puisse dire, c’est que ce livre fait parler de lui. Car il est beau, très beau : couverture cartonnée avec découpe, illustrations de Melchior Ascaride, il en jette, c’est certain. Mais il fait aussi parler car il est cher : 19€ pour 144 pages au format poche. Certes, il ne faut pas simplement s’arrêter au prix, le contenu reste le plus important. Il n’empêche que le palier psychologique peut s’avérer rédhibitoire (notez tout de même qu’au moment où j’écris ces lignes, l’ouvrage est trouvable en numérique à un prix nettement plus modeste de 3,49€, mais on y perd malheureusement les illustrations, y compris intérieures… Décidément, les Moutons Électriques ne savent pas illustrer un livre numérique. A moins que le problème ne soit ailleurs, l’illustrateur étant le même dans les deux cas ?…). Mais parlons du contenu justement.

Aube est la femme de Peyr Romo, un magicien contraint de s’absenter quelque temps. Elle se retrouve donc seule et isolée en pleine montagne, chargée de veiller sur leurs deux enfants mais sait aussi qu’elle peut compter sur l’amitié de leur plus proche voisin, Vidal, un éleveur et marchand d’ânes. Sauf qu’il semble se comporter d’une manière de plus en plus étrange…

On peut découper « Dévoreur » en deux parties relativement distinctes (mais pas égales en taille) : le première, que j’ai trouvé la plus réussie, mettant en scène Aube qui se rend compte que quelque chose cloche chez Vidal. Elle va chercher à en savoir plus, et à travers ce récit, Stefan Platteau réussit à installer une ambiance inquiétante. Inquiétante car on sent bien qu’un maléfice est à l’oeuvre, sans trop savoir d’où il vient et ce qu’il cherche à faire. Des enfants se retrouvent au centre de l’histoire, et les découvertes de Aube, une mère aimante face à l’horreur qui semble se dessiner, ne font qu’ajouter au malaise ambiant. Une très belle entrée en matière, terrible et tragique.

J’ai trouvé que la tension retombait un peu par la suite, dès lors que Peyr Romo entre en scène. Non pas que le personnage ne soit pas intéressant, ni que le récit perde en intérêt, mais il y a comme une sorte de ronronnement qui s’installe, amplifié par quelques scènes certes très bien écrites mais sans doute un peu longues (l’arrivée dans le château), mais heureusement contrebalancé par quelques jolies trouvailles magiques. Stefan Platteau n’épargne rien à ses personnages, et une vraie noirceur s’installe à mesure qu’on découvre que l’ogre de « Dévoreur » n’a rien d’un personnage de Disney. Oui on est bien dans un conte, mais un conte qui s’adresse autant aux adultes qu’aux enfants, et même sans doute ici un peu plus aux premiers (l’ouvrage est pourtant dédicacée à la fille de l’auteur). Le fond est intéressant, la démonstration qu’une étincelle, un petit rien, est capable de réveiller (consciemment ou non) les pulsions les plus terribles.

Abordant de front des thèmes difficiles, Stefan Platteau prend donc une voie à laquelle on ne s’attendait pas forcément au départ. N’eut été quelques baisses de tension, on aurait tenu là un récit de haute qualité. En l’état, « Dévoreur » reste quand même une novella sympathique (si l’on peut dire, vu le sujet), avec surtout une écriture au-dessus de la moyenne. Bon, c’est pas tout ça mais il va quand même falloir que je lise « Manesh » moi…

 

Lire aussi les avis de Cédric, Lune, Julien.

Chronique rédigée dans le cadre du challenge « Francofou 3 » de Doris.

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