Poumon vert, de Ian R. MacLeod

Posted on 13 juillet 2017
Je poursuis ma lecture des différents volumes de la collection « Une heure-lumière » du Bélial’, sans me poser trop de questions et en faisant confiance à l’éditeur. La plupart du temps ça marche, mais là ça coince…

 

Quatrième de couverture :

Lors de sa douzième année standard, pendant la saison des Pluies Douces habarienne, Jalila quitte les hautes plaines de Tabuthal. Un voyage sans retour — le premier. Elle et ses trois mères s’installent à Al Janb, une ville côtière bien différente des terres hautes qui ont vu grandir la jeune fille. Jalila doute du bien-fondé de son déménagement. Ici, tout est étrange. Il y a d’abord ces vaisseaux, qui percent le ciel tels des missiles. Et puis ces créatures d’outre-monde inquiétantes, qu’on rencontre parfois dans les rues bondées. Et enfin, surtout, la plus étrange des choses étranges, cet homme croisé par le plus pur des hasards — oui, un… mâle. Une révélation qui ne signifie qu’une chose : Jalila va devoir grandir, et vite ; jusqu’à percer à jour le plus extraordinaire secret des Dix Mille et Un Mondes…

 

Lecture sans émoi…

Depuis le début de la collection « Une heure-lumière », les excellents textes se succèdent. Certains sont meilleurs que d’autres bien sûr, mais la qualité est globalement toujours au rendez-vous et j’ai toujours pris plaisir à lire les parutions. Jusqu’à aujourd’hui. Car très honnêtement j’ai eu du mal à aller au bout de « Poumon vert », sans que je sache vraiment dire pourquoi. Une chose est sûre : près d’une semaine pour lire ces 120 pages, c’est qu’il y a un problème. Pourtant le texte a tout pour me plaire, il a un ton très humaniste, c’est un récit d’apprentissage, qui joue sur les sentiments de son héroïne, etc… Le genre de texte qui fait battre mon petit coeur de lecteur SF (j’aime bien aussi quand ça fait pan-pan boum-boum, mais les émotions ça me parle). Mais là non. Je ne suis pas entré dedans, ça ne m’a pas ému. Pourtant le récit est bien écrit, il est certes assez lent (mais j’ai bien adoré les derniers textes de Guy Gavriel Kay, donc bon !) mais possède les attraits typiquement SF qui m’attirent (un monde étranger que le lecteur découvre petit à petit). Mais rien n’y a fait.

Faisons tout de même un bref retour sur le récit. Jalila est une jeune fille qui a toujours vécu sur les (très !) hauts plateaux de Tabuthal, sur la planète Habara. Quand sa famille décide de changer de lieu de vie pour s’installer dans la ville côtière de Al Janb, c’est tout son monde qui change. Elle y sera confrontée à quantité de choses étranges liées à ce changement géographique et écologique, que cela la touche dans son propre corps (ce poumon vert qu’elle doit recracher et qui l’aidait à respirer dans l’air raréfié de Tabuthal) ou dans son environnement immédiat (un homme, curieux être dans un monde où l’immense majorité est composée de femmes, ou bien ces fusées qui décollent lors de la bien nommée Saison des Fusées, jusqu’à ces mystérieuses tariqas aux secrets bien gardés)…

Nous suivons donc l’évolution de Jalila, de sa jeunesse à l’âge adulte, avec tout ce que cela implique sur son évolution personnelle. Curiosité, enthousiasme à la découverte de son nouvel environnement, amour, ambition, déceptions, conflits, c’est relativement classique dans son déroulé, si ce n’est que l’auteur n’explique pas grand chose au lecteur, qui doit faire un effort pour remettre les choses à leur place dans ce monde assez orientalisant (l’univers est appelé par les habitants de la planète Habara les « Dix Mille et Un Mondes », référence à peine voilée (haha !) aux « Mille et Une Nuits »). Ce n’est certes pas vraiment un problème à la base, mais je me dis que si j’ai eu tant de mal à aller au bout de ce court roman, c’est peut-être qu’il faut y voir un début d’explication. Quid de ce poumon vert ? Quel est son intérêt autre que purement cosmétique ? Pourquoi la famille de Jalila se déplace-t-elle ? Deux questions parmi beaucoup d’autres, toujours ou presque sans réponse…

Et donc je n’irai guère plus loin dans cette chronique, qui reflète ma déception toute personnelle (tempérée par une fin heureusement réussie) devant un texte que beaucoup ont visiblement apprécié. Peut-être suis-je passé à côté, peut-être ne l’ai-je pas lu au bon moment, mais malgré le fait que je n’arrive pas à me dire que ce texte est raté (je pense que le problème vient plutôt de moi) c’est en tout cas la première vraie fausse note dans cette collection que j’apprécie par ailleurs énormément. Dommage, mais la suite arrive vite…

 

Lire aussi les avis de Just a word, l’Ours inculte, Apophis, le Chien critique, Samuel, Yozone, Un bouquin sinon rien, Boudicca, Blackwolf, Nebal, Yuyine, Elessar.

Critique rédigée dans le cadre des challenges « S4F3s3 » de Xapur et « Summer Star Wars Rogue One » de Lhisbei.

  

 

  
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