Star Trek The Next Generation, saison 6

Posted on 15 mars 2019

Je dois revoir mes plans. Lorsque j’avais initié mon objectif au long cours, à savoir visionner l’intégralité des épisodes de toutes les séries Star Trek, la problématique du temps disponible n’en étais alors pas vraiment une. De l’eau a coulé sous les ponts, et une petite fille est arrivée depuis. Et, dans un tout autre registre, la franchise Star Trek a été exhumée des cartons et semble même revenue sur le devant de la scène pour un bon moment, avec de multiples projets (série sur Picard, série sur la Section 31, deux séries animées…). Et donc, me voilà obligé de faire des choix. Exit le visionnage chronologique de la série (chronologie à la quelle j’avais déjà fait une entorse en regardant la première saison de la série « Enterprise »…), puisqu’avec l’arrivée très prochaine de la nouvelle série centrée sur le personnage de Jean-Luc Picard (aux dernières nouvelles prévu pour fin 2019, hé oui déjà !) je préfère être « à jour » concernant notre cher capitaine français. Donc on laisse de côté (du moins pour le moment) les séries « Deep Space Nine », « Voyager », « Enterprise » et la série des années 60 pour se concentrer sur Picard. La priorité est donc donnée à la série « The Next Generation » (ce qui était déjà le cas), mais aussi aux films qui le mettent en scène, quand bien même ceux-ci se déroulent après « Deep Space Nine » et « Voyager », histoire d’être prêt lorsque la nouvelle série débarquera. Ce qui implique de regarder la saison 7 (la dernière qui fut produite) et les films qui lui ont succédé (7, 8, 9 et 10, plus éventuellement le reboot déjà vu mais dont les évènements auront leur importance sur Picard). Voilà pour le programme des prochains mois, auquel s’ajoute évidemment la série « Discovery » déjà en cours de diffusion. Ça va, vous suivez ? 😀 Mais pour ce qui nous concerne aujourd’hui, place à la saison 6.

 

  

  

 

Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, après deux premières saisons laborieuses, la série a trouvé son rythme de croisière avec la troisième, les saisons suivantes se révélant tout aussi agréables. Et avec cette saison 6, je crois bien qu’on tient le sommet de la série. Bien sûr il y a quelques ratés, notamment durant la première moitié, mais il y a malgré tout toujours quelque chose à en tirer ici ou là, la deuxième moitié frisant tout simplement l’excellence. Par ailleurs, cette saison contient parmi les meilleurs épisodes de la série, toutes saisons confondues. Difficile de trouver quelque chose à redire au double épisode « Chain of command » qui voit un Picard torturé par les Cardassiens et sur le point de craquer. Torture physique, torture psychologique, c’est un diptyque particulièrement puissant et éprouvant, que je place au sommet de ce que « The Next Generation » a proposé jusqu’ici.

 

  

  

 

Il y a énormément d’autres points positifs, qu’ils s’intègrent à la mythologie globale de la saga (« Relics » et l’apparition mémorable, après celles de McCoy et Spock dans les saisons précédentes, du Scotty de la série originale, avec notamment un plan nostalgique dans le holodeck et la reconstruction du pont de l’Enterprise originale, « Face of the enemy » et le développement de la rébellion romulienne à laquelle participe Spock, undercover comme on l’a vu dans la saison 5, « Rightful heir » et un changement d’importance au gouvernement klingon, « Birthright part 1 » qui fait office de crossover avec la série « Deep Space Nine »…), ou bien qu’ils s’intéressent au développement des personnages (Picard qui vole la vedette à tout le monde ou presque avec le superbe épisode « Tapestry » dans lequel Q lui permet de revivre sa jeunesse et de réfléchir aux choix qui l’ont mené là où il est alors même… qu’il vient de mourir (!!), le double épisode « Birthright » qui voit Worf confronté à des Klingons qui n’ont pas le même mode de vie que lui, et pour cause, ce même double épisode voyant également Data tenter de se rapprocher encore et toujours de l’humanité qui est en lui, « Frame of mind » et « Second chances » qui mettent Riker au premier plan, le premier le plaçant dans un véritable cauchemar, le deuxième face à un autre lui-même, l’occasion de réfléchir à ses priorités dans la vie, etc…), tous ayant à un moment ou un autre leur heure de gloire.

 

  

  

 

Et puis au milieu de tout ça, on trouve quelques épisodes qui reprennent des grands classiques de la saga (« Timescape » et son problème temporel), qui reviennent sur des personnages déjà vus précédemment (« Ship in a bottle » avec cette IA de l’holodeck qui semble avoir accédé à la conscience et même avoir pris corps physiquement parlant, Q que l’on retrouve, à mon grand bonheur, dans « True Q » et « Tapestry », Barclay dans « Realm of fear »…), ou bien qui jouent la carte de la légèreté avec, comme toujours dans la série, plus ou moins de bonheur (plutôt plus dans « A fistful of Datas », parodie de western qui voit à nouveau Brent Spinner dévoiler tout son talent en incarnant sept personnages différents, plutôt moins dans « Rascals » qui mêle enfants et Ferengis, imaginez le cocktail…). Et aussi quelques fillers, comme « Starship mine » dans lequel Picard se transforme en Bruce Willis version « Piège de cristal », ou bien « Lessons » qui, sur une histoire d’amour, prolonge joliment l’excellent épisode « The inner light » de la saison précédente.

 

  

  

 

Et puisqu’on parle de prolongement, on touche aussi aux limites de la série qui parfois, sur ce schéma « un épisode-une histoire », échoue à faire évoluer son univers de manière réaliste, comme dans « The chase » et sa révélation tonitruante sur le pourquoi du comment l’univers est peuplé de tant d’espèces humanoïdes. Une révélation pour le moins importante, dont on n’entendra ensuite plus jamais parler… Idem pour le double de Riker dans « Second chances », chacun allant mener sa petite vie dans son coin, sans autre conséquence… Je ne parlerai pas des épisodes les moins intéressants, ils sont de toutes façons peu nombreux et largement éclipsés par le reste de la saison, saison qui se termine sur un classique cliffhanger en faisant revenir l’ultime ennemi de la série « The Next Generation » : les Borg…

 

  

  

 

Une saison au top donc, pour une série qui a trouvé sa voie quelques années auparavant et qui a ensuite parfait sa recette en développant ses personnages et en intégrant des notions de pure SF pour aboutir à un cocktail marquant. Bien sûr, « The Next Generation » reste marquée par son époque, aussi bien au niveau des décors, des effets spéciaux que de la réalisation, assez statique et posée (ceci dit, regarder un épisode de « The Next Generation » puis dans la foulée un épisode de « Discovery », c’est mesurer toute l’évolution de la réalisation des séries, pas toujours pour le meilleur, « Discovery » frôlant parfois l’hystérie avec son rythme qui ne retombe jamais…). Mais c’est une série qui a marqué son temps et qui prouve avec cette sixième saison que ce statut n’est absolument pas usurpé.

 

  

  

 

  
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