Zapping cinéma, épisode 11

Posted on 2 octobre 2014
Trop de mois sans zapping cinéma, il était temps de combler cette longue absence ! Une absence qui a une excuse puisque de nombreux films vus dernièrement ont leur propre article (« Les Gardiens de la Galaxie »« La planète des singes : l’affrontement », « Dragons 2 », « Edge of tomorrow », « X-Men : Days of Future Past », « Godzilla », « The Amazing Spider-Man 2 »), et que je me suis remis (doucement hein !) aux séries TV, séries qui se retrouvent du coup dans ce billet qui, décidément, porte bien mal son nom…

 

True Detective - afficheTrue Detective, de Nic Pizzolatto et Cary Fukunaga

La fameuse série qui a tant fait parler d’elle ces derniers mois ! Une chose frappe d’emblée : son générique, superbe musique, superbe montage. Comme première approche, difficile de faire mieux. Et puis on fait connaissance avec les deux personnages principaux, Martin Hart (incarné par Woody Harrelson, acteur que j’apprécie beaucoup) et Rust Cohle (joué par Matthew McConaughey, dont la carrière a pris un vrai tournant ces dernières années mais dont je connais mal la filmographie, si ce n’est qu’il était le beau gosse de service dans « Contact »  et un remarquable trader déjanté et drogué dans « Le loup de Wall Street » au côté de Leonardo DiCaprio).

Au départ, on pense avoir affaire à des personnages plutôt stéréotypés : le bon flic père de famille, et l’autre, un peu plus « mystique ». Et puis les choses se compliquent, et on découvre que tous deux ont leurs failles, leurs faiblesses. Et c’est tout l’intérêt de la série qui se déroule sous nos yeux : le cheminement de ces deux flics, qui tient plus du cheminement intérieur que de la simple résolution d’une enquête policière sur un meurtre qui semble « rituel ».

Ne cédant pas aux poncifs du genre, évitant les twists forcés pour s’en tenir à leur ligne de conduite, les créateurs du show ne font pas dans le spectaculaire gratuit. Tout est pensé, réfléchi. Et incroyablement cinématographique. La mise en scène est superbe, la photographie stupéfiante de beauté lugubre, et le rendu de l’atmosphère de cette Louisiane moite et poisseuse lui doit beaucoup. Certaines scènes resteront longtemps en mémoire (au hasard, la dernière scène de l’épisode 3, un long plan-séquence de six minutes dans l’épisode 4, ou le dernier raid en plein bayou dans l’épisode 8).

Difficile de ne pas parler du jeu des acteurs. Woody Harrelson est formidable de justesse, jusque dans les errements de son personnage. Mais Matthew McConaughey fait ici une prestation qui restera dans les mémoires ! Son personnage de Rust Cohle est fascinant, ce nihiliste illumine le film de sa noirceur, lui qui n’a peu de foi envers les hommes.

On pourra certes être un peu circonspect quant au déroulement de l’enquête, mais la structure narrative (l’intrigue se déroule sur trois époques distinctes) rattrape le tout. Incontestablement une grande réussite, qui récoltera sans doute quelques prix lors des cérémonies futures.

 

Real humans saison 2 - afficheReal Humans saison 2, de Lars Lundström

Je m’aperçois que je n’ai jamais parlé de cette série sur ce blog, série qui sous des airs relativement contemporains est en fait une vraie série de SF, et qui pose des questions typiquement SF (qu’est-ce qui fait un être humain ? Où se situe la limite entre homme et machine ? etc…). J’attendais donc une vraie continuité dans ces questionnements avec la saison 2. Et je dois dire qu’ils sont là, mais j’ai trouvé qu’ils passaient un peu au second plan, laissant la place à des intrigues un peu moins SF mais plus « passe-partout », et un peu plus typées thriller par moment. Toutefois, la série ne cède pas aux sirènes US et garde un rythme très posé. Les acteurs restent très bons (un bémol sur les enfants de la famille Engman tout de même), notamment ceux qui jouent les hubots, particulièrement « robotiques » et humains à la fois.

La fin de cette saison parvient toutefois à renouer avec les thématiques purement SF, et même totalement dickiennes, dans un superbe dernier épisode (et ce long passage au tribunal) qui laisse présager de bien belles choses pour la suite. A suivre avec attention donc, en espérant que la saison 3 ne passe pas à la trappe

 

Her - afficheHer, de Spike Jonze

A l’image de « Real Humans », on se retrouve là aussi avec une réflexion sur l’intelligence artificielle. Un homme se retrouve en effet amoureux du nouveau système d’exploitation (très évolué) de son ordinateur. Dit comme ça, ça peut paraître un peu ridicule, et pourtant ça fonctionne ! Sur une imagerie très contemporaine mais qui suinte la SF de partout si on y regarde d’un peu plus près, Spike Jonze nous conte là une belle histoire d’amour tout en y apportant de belles réflexions sur le sens des relations amoureuses, la recherche de vraies relations dans le virtuel, l’acceptation de la différence, et l’importance de l’humain, quel que soit sa forme.

Le film doit une grande part de sa réussite à la prestation de Joaquin Phoenix, tout simplement parfait. Je précise également avoir vu le film en français (il est sorti en salle en VO sous-titrée me semble-t-il), et je dois donc souligner la très belle performance vocale de Audrey Fleurot qui parvient de très belle manière à donner vie et personnalité à l’OS.

La réalisation est aussi un point fort (même si très soft par rapport à ce que l’auteur avait l’habitude mettre à l’écran) : flashbacks silencieux, et une grande justesse dans le ton. J’ai aussi trouvé la photographie superbe : les images sont somptueuses, brumeuses et lumineuses à la fois, souvent dans des tons d’un doux orangé.

Alors oui, il manque quelque chose pour en faire un grand film, il n’évite pas quelques moments un peu mous, mais contrebalancés par des moments de pur plaisir (la scène ou Theodore tourne sur lui-même avec son OS « miniature » à bout de bras par exemple). Et puis, même si ce n’est pas au coeur du film, Greg Egan n’est pas si loin sur la fin…

 

  
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