Seul sur Mars, de Andy Weir

Un homme seul sur Mars, tentant de survivre coûte que coûte. Voilà à quoi on peut réduire le pitch du roman d’Andy Weir, initialement paru en auto-publication avant qu’une version Kindle (vendue 99 cents) tutoie les sommets des classements Amazon et attire l’attention des éditeurs. Court et percutant donc. Mais est-ce suffisant pour tenir la longueur sur les 400 pages qui constituent le roman ? Réponse juste après…

 

Quatrième de couverture :

Mark Watney est l’un des premiers humains à poser le pied sur Mars. Il pourrait bien être le premier à y mourir.

Lorsqu’une tempête de sable mortelle force ses coéquipiers à évacuer la planète, Mark se retrouve seul et sans ressources, irrémédiablement coupé de toute communication avec la Terre.

Pourtant Mark n’est pas prêt à baisser les bras. Ingénieux, habile de ses mains et terriblement têtu, il affronte un par un des problèmes en apparence insurmontables. Isolé et aux abois, parviendra-t-il à défier le sort ? Le compte à rebours a déjà commencé…

Andy Weir a été engagé comme programmeur informatique par un laboratoire américain à l’âge de quinze ans. Il n’a cessé de travailler dans l’informatique depuis. Par ailleurs, il nourrit une passion pour l’espace et l’histoire des vols habités. Thriller survivaliste captivant, « Seul sur Mars » sera adapté à l’écran par la 20th Century Fox et réalisé par Ridley Scott.

 

Robinson Crusoé, Seul au monde, MacGyver, Apollo 13 et Gravity

Seul sur Mars - WeirTelles sont les influences qui viennent immédiatement à l’esprit à la lecture du roman. Récit-catastrophe d’un homme laissé seul sur la planète rouge à la suite d’une tempête qui va faire avorter la mission dans laquelle il était engagé en forçant ses équipiers à le laisser pour mort et qui va devoir se débrouiller avec les moyens du bord pour survivre. Mais survivre combien de temps alors qu’il ne dispose d’aucun moyen pour communiquer avec la Terre, qui n’est pas au courant de sa survie ?

Dans le genre pitch qui fait envie, « Seul sur Mars » se place en bonne position ! D’autant que le ton du roman surprend. Mark Watney raconte en effet son histoire sous forme de journal de bord, qu’il écrit au cas où quelqu’un le trouve un jour, soit lors d’une future mission martienne après son décès, soit à la suite d’un hypothétique secours. Et Watney à un ton bien à lui ! Éternel optimiste, il fait montre d’une incroyable force de volonté couplé à un sens de l’humour un brin cynique qui lui permet de tenir le coup.

Mais au bout de 50 pages, j’ai eu peur. En effet, un seul personnage qui ne cesse d’être confronté à différents problèmes techniques et qui s’appesantit parfois un peu à l’excès sur les solutions qu’il a trouvées (j’en profite pour saluer le travail de recherche de l’auteur qui a dû être colossal, puisque le roman est en mode 100% réaliste), j’ai beau aimer MacGyver, au bout d’un moment, ça fait beaucoup. Mais heureusement, la situation évolue, et cela permet à Andy Weir de varier un peu la narration. Et d’alléger un récit qui aurait pu devenir vraiment trop lourd sur la longueur. Et ce changement narratif m’a permis de m’immerger à fond dans ce récit qui fait immanquablement penser à « Apollo 13 » sur Mars. Oui, les problèmes techniques s’accumulent, mais les différents points de vue permettent d’être confronté à différentes situations et à des prises de décision parfois délicates.

Tout l’intérêt du récit étant basé sur le suspense entretenu quant au destin de l’astronaute et à tout ce qui lui arrive, je m’arrêterai là sur l’histoire. Sachez simplement que « Seul sur Mars » est un récit d’aventures-catastrophes. Pas de style d’écriture remarquable, pas de personnages complexes, tout se situe dans l’action et les situations rencontrées. Mais ça fonctionne. Pour les amateurs du genre, ceux que les films « Apollo 13 » et « Gravity » ont passionnés, c’est sans doute du pain béni. Ceux qui en revanche recherchent avant tout des personnages fouillés et/ou des réflexions profondes peuvent d’ores et déjà passé leur chemin.

Ce roman sera adapté au cinéma par Ridley Scott avec Matt Damon dans le rôle de Mark Watney. Et il faut bien dire que si l’adaptation est bonne (et il n’y a pas de raison qu’elle ne le soit pas tant le récit est « visuel »), c’est sans doute là que le récit inventé par Andy Weir s’exprimera le mieux. À suivre de près…

 

Lire aussi les avis de Herbefol, Gromovar, Line, Jean-Luc Durand, Rémi Gourdon, De la Terre à la Lune.

  
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