Star Trek VI : Terre inconnue, de Nicholas Meyer

Après le gros ratage de « Star Trek V », il fallait rebondir et offrir aux spectateurs quelque chose de consistant pour ne pas voir mourir la saga au cinéma (alors qu’en parallèle, elle renaissait de belle manière à la télévision avec « Star Trek The Next Generation » et l’équipage de Jean-Luc Picard). Le moins que l’on puisse dire, c’est que le défi a été relevé haut la main avec ce « Star Trek VI » qui n’est plus ni moins pour moi que le meilleur film de la période KirkSpock et consorts, avec le premier. Une sorte de baroud d’honneur de l’équipage historique de l’Enterprise, réuni ici dans sa totalité pour la dernière fois (mais on retrouvera tout de même certains d’entre eux pour la vraie passation de pouvoir avec l’équipage de « The Next Generation » dans le film suivant « Star Trek : Générations »). Et qui plus est, avec un scénario de haute volée, à la portée politique indéniable et un impact fort sur l’univers et la timeline de la saga. Rien que ça.

 

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Le pitch : une importante lune de l’empire klingon, qui lui fournit une part importante de ses ressources, explose à cause d’une exploitation trop intensive. Les Klingons, désemparés et dépassés par l’événement, sont contraints de demander la signature d’un traité de paix avec la Fédération des Planètes Unies, eux qui ont longtemps été de farouches adversaires. Un chancelier klingon est envoyer pour négocier, et la charge de l’escorter jusqu’au lieu de la signature du traité incombe à Kirk (qui ne porte pas dans son coeur ces êtres belliqueux, à raison quand on connaît son histoire personnelle. À ce titre, son « Let them die ! » résonnera longtemps dans l’esprit du fan, habitué au positivisme propre à la saga, et qui se retrouve ici face à un conflit entre l’opinion personnelle bien compréhensible d’un individu confrontée à la logique censée prévaloir pour le plus grand nombre) et son équipage. Mais tout ne se passera pas comme prévu, et l’Enterprise et son capitaine pourraient bien tomber dans un piège tendu par ce qui ressemble à un complot cherchant à faire échouer le processus de paix…

 

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Oui, ce scénario est d’une toute autre ampleur que ce qui nous avait été offert jusqu’alors, puisqu’ici on navigue en plein dans la mythologie de la saga, en remettant en cause les bases même de ce qui la nourrissait depuis ses débuts. Et les implications amenées par ce film résonneront d’ailleurs dans toute la suite de la timeline trekkienne… Donc oui, c’est du lourd.

 

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Ensuite, le film, replacé encore une fois dans son contexte de l’époque, offre deux niveaux de lecture. Remplacez les Klingons par les Russes, et mettez-vous dans l’esprit que le mur de Berlin est tombé deux ans avant la sortie du film, et vous voyez le topo… Sans compter de multitudes références politiques et littéraires (aaaaah, cette géniale scène du repas entre la délégation klingone et l’équipage humain est un bonheur à tous les étages !) et vous obtenez un cocktail de grande qualité.

 

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Alors c’est vrai, l’humour des deux précédents épisodes est mise au rencard (à quelques exceptions près, histoire de relâcher un peu la pression de temps en temps), mais vu l’intensité et les enjeux du scénario, cela semble bien compréhensible, et il n’est nullement question de le regretter.

 

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Tout ça pour dire que cet épisode résonne comme le chant du cygne de l’équipage original de la saga, sa dernière grande mission (et quelle mission !) avant le passage de flambeau, et que les moyens ont été mis là où il fallait pour lui offrir une sortie digne de ce nom. Avec un réalisateur inspiré, Nicholas Meyer (déjà aux commandes de « Star Trek II : La colère de Kahn »), et un scénario subtil et inspiré dont l’ironie du dénouement n’est pas la moindre de ses qualités, attention je spoile…

Seulement pour ceux qui ont vu le film !!

 

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… on obtient donc là un opus (au titre vraiment bien vu) tout à fait à même de réconcilier ceux que l’épisode précédent avait fâché (et on les comprend), et de combler tous les autres. Ça c’est du « Star Trek » de qualité, même si on n’éludera pas quelques menus défauts (le film, diplomatie oblige, est assez bavard et n’évite quelques problèmes de rythme, ou bien certains personnages un peu trop transparents et enlevant une part de surprise au long-métrage).

 

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Avec ces six films maintenant visionnés dans l’ordre, je m’arrête ici temporairement pour la saga cinématographique pour bifurquer vers la série des années 80-90, « Star Trek : The Next Generation » (à laquelle est fait un petit clin d’oeil dans ce film sorti en pleine cinquième saison de la série, avec l’apparition de Michael Dorn, Worf dans « The Next Generation », et qui joue ici le rôle de… Worf ! Mais pas le même, plutôt un personnage censé être le grand-père du Worf de l’équipage de l’Enterprise de Picard. Ça va, vous suivez ? ^^). Sept saisons pour 178 épisodes au total, vous vous doutez bien que ça va prendre un peu de temps, les chroniques trekkiennes (qui devraient arriver par saisons) vont donc s’espacer un peu…

 

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Star Trek VI - Terre inconnue - affiche

 

Critique rédigée dans le cadre du challenge « Summer Star Wars, épisode III » de Lhisbei.

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