Le défi, Capitaine Futur tome 3, de Edmond Hamilton

Posted on 1 mai 2018
Il y a comme un petit de « reviens-y » dans cette saga du Capitaine Futur de Edmond Hamilton ! Pourtant, ce troisième tome ne vient pas contredire une formule désormais bien établie par l’auteur et qui joue ainsi avec le risque de tourner en rond. Mais Hamilton sait y insuffler un vrai souffle, source de plaisir, régressif certes (il faut se remettre dans un état d’esprit au mieux adolescent pour s’y retrouver), mais qui fonctionne. Capitaine Flam, vous connaissez ? Voici son pendant littéraire, qui vous permettra de vous évader pendant quelques heures. Comme au bon vieux temps, devant la télé.

 

Quatrième de couverture :

Il y a Simon Wright, dit le Cerveau, ce qu’il est, littéralement, et dans un bocal de sérum : un scientifique exceptionnel. Et puis Grag, la montagne de fer indestructible dotée d’outils intégrés étonnants. Sans oublier Otho, l’androïde synthétique, spécialiste du combat rapproché, de l’infiltration et du camouflage. Ils sont les Futuristes, la plus stupéfiante association qui puisse s’imaginer. Et enfin il y a celui qu’ils ont élevé, celui qu’ils ont juré de protéger, celui qui est devenu leur leader : Curt Newton, le géant roux, le sorcier de la science doté d’un esprit hors normes, infatigable justicier connu des peuples du Système sous le nom de capitaine Futur.
Tous quatre veillent sur les neuf mondes et au-delà, attentifs, depuis leur base lunaire à l’emplacement secret.

Or le Destructeur a tout prévu : ses astronefs vont attaquer simultanément Neptune, Mars et Saturne pour y détruire les mines de gravium, une ressource essentielle. Mais aussi la Lune, afin d’y annihiler le capitaine Futur et ses Futuristes, seuls adversaires capables de mettre son plan en échec. Sauf que tuer le protecteur du Système solaire n’est pas si simple…

Figure centrale de l’Âge d’or de la science-fiction américaine, scénariste de quantité de comics, dont « Superman » et « Batman », Edmond Hamilton (1904-1977) est considéré comme l’un des inventeurs du space opera. Avec la série du « Capitaine Futur », développée entre 1940 et 1951, traduite dans le monde entier mais plus connue en francophonie sous le nom de « Capitaine Flam » suite à son adaptation en dessin animé par la Tôei Animation dès 1978, il jette les bases d’une sous-culture populaire appelée à connaître un succès planétaire sous ses incarnations cinématographiques modernes — « Star Wars », « Battlestar Galactica » et autre « Star Trek ».

 

Mais tu as traversé, Capitaine Flam Futur, cent mille millions d’années pour sauver de ton bras les gens de Mégaraaaaaaa !

Il va devenir difficile de faire une chronique originale des romans « Capitaine Futur » de Edmond Hamilton. La recette est la même, en changeant quelques détails pour lui donner une (petite) dose d’originalité. Après l’Empereur de l’espace, puis Dr Zarro, voici donc venir le Destructeur (ajoutez ici un rire démoniaque, mouhahahahaha !!!) ! Après Jupiter dans le tome 1 puis Pluton dans le tome 2, place cette fois à Neptune (après bien sûr les inévitables aventures bardées d’action dans différents coins du système solaire avant cela). Et après la tentative de mainmise sur le gouvernement du système par la peur dans le tome 2, c’est par le côté économique que le grand méchant de ce volume tente d’arriver à ses fins, en détruisant sur plusieurs planètes en même temps les mines de gravium, ressource essentielle à la vie dans l’espace et donc au commerce. Qui s’adjuge le monopole du gravium s’adjuge le système solaire !

Voilà, vous savez tout. Le reste est peu ou prou du copié-collé du canevas des aventures précédentes. Et vous savez quoi ? Ça marche du tonnerre ! A tel point que je trouve que ce troisième volume des aventures du Capitaine Futur et de ses acolytes est le meilleur paru jusqu’ici. Oui rien n’a changé (Ezra Gurney et Joan Randall (cette dernière se pâmant toujours devant notre beau rouquin), les officiers de la Police des Planètes y font à nouveau une apparition, Otho et Grag se chamaillent toujours, le Capitaine Futur parvient toujours à se sortir de situations totalement désespérées, tout reste très manichéen et sexiste, époque et support de publication oblige (du pulp avant tout masculin)), mais ça bouge dans tous les sens ! Ce n’est pas crédible pour un sou tant sur le plan scientifique (on trouve des habitants primitifs sur un astéroïde de 150 km de diamètre !) que narratif (c’est quand même bardé de facilités ou d’heureuses coïncidences comme lorsque Grag se retrouve seul sur ce fameux astéroïde) mais on s’en fout ! Ça virevolte et on s’amuse comme un gamin dans ces aventures rocambolesques et héroïques. Certes, on sait que Hamilton sait aussi faire des choses un peu plus « profondes » dans ce même univers (comme l’a montré la nouvelle « Les harpistes de Titan », postérieure d’une dizaine d’années au présent récit), mais en l’état on s’amuse et c’est bien là le principal.

Et puis il y a ces quelques idées sympathiques (ce mystérieux peuple sous-marin, cette banque de données de toute les atmosphères du système solaire, etc…), ce sens de la narration, ce souffle qui fleure bon l’aventure avec un grand A, cette enquête « à la Sherlock Holmes » pour démasquer le grand méchant, et le fait que dès le départ le Capitaine Futur se soit fait prendre par surprise par son adversaire (évidemment ça ne dure pas hein !). Et signalons également une conclusion avec un léger parfum d’amertume qui donne un peu plus d’humanité à ce super-héros qu’est Curtis Newton/Capitaine Futur.

Alors certes ce n’est pas le roman du siècle, mais je ne sais pas vous, mais moi j’en redemande !

 

Lire aussi les avis de Anudar, Sylvain Bonnet, Du côté de chez Cyan, Chut maman lit, François Schnebelen.

 

  
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