Zapping cinéma, VOD et série TV, épisode 50

Posted on 22 mai 2019
Je ne sais pas s’il faut l’interpréter d’une quelconque manière, mais ce zapping est placé sous le signe de la fin… et peut-être du commencement ! Côté fin, « Avengers Endgame » qui clôt une série de films de plus de 10 ans, et la saison 8 de « Game of Thrones », ultime récurrence de la série culte. Côté commencement, « The Wandering Earth » qui est peut-être un signe annonciateur de la future toute puissance du cinéma chinois. Et « Avengers Endgame » encore qui, ne nous voilons pas la face, est aussi une ouverture sur la suite car la poule aux oeufs d’or n’a pas fini de pondre pour Disney…

 

Avengers Endgame, de Anthony et Joe Russo

** Critique sans spoiler ! **

Ayant vu « Avengers Infinity War », il aurait été dommage de ne pas voir ce « Endgame » qui, comme son nom l’indique, annonce la fin d’un cycle. Et donc tant qu’à faire, j’ai été le voir au cinéma, ça permet d’éviter les spoilers qui ont fleuri sur les réseaux sociaux (dépassés depuis par les spoilers sur la saison 8 de « Game of Thrones ») et d’en prendre plein les yeux.

Le Marvel Cinematic Universe s’est construit sur 22 films (celui-ci compris). Il n’a jamais été nécessaire de tous les voir pour profiter du spectacle (il m’en manque d’ailleurs quelques-uns), mais pour ce « Endgame » c’est un peu différent. Tous les acteurs des films précédents sont réunis, certaines scènes sont même refaites sous nos yeux, un minimum de connaissances des films précédents est donc requis. Encore une fois ça n’est pas indispensable mais ce serait perdre une bonne partie de l’intérêt de la chose que d’y aller sans avoir vu le reste.

Pour le reste, Thanos revient et la conclusion est à la hauteur des enjeux : ça pète de partout et la dernière bataille est une folie visuelle, plein de super-héros, de (super-)bruit et de (super-)fureur. Ça ne fait pas du film un chef d’oeuvre, loin de là, d’autant que le traitement du personnage de Thanos le ramène ici à un « simple » gros vilain très très méchant parce que l’humanité n’a pas compris la leçon. C’est un peu léger là où dans « Infinity War » il posait un dilemme moral intéressant. Par contre on a un Thor en nouveau Lebowski, et ça c’est déjà culte ! 😀 (et sur un plan un peu plus sérieux, le Thor qui nous est montré ici illustre le fait que les personnages super-héroïques ne sont pas forcément monolithiques, qu’ils sont faillibles, physiquement comme psychologiquement, et c’est incontestablement une bonne chose pour la variété des films à venir)

« Endgame » est donc une conclusion, parfois prenante, parfois touchante, et parfois même particulièrement réussie (j’aime beaucoup la conclusion sur Captain America). Avoir accompagné ces héros pendant une dizaine d’années, bon gré mal gré, et les voir tous ici, même si c’est parfois pompeux, ça fait quand même son petit effet. Mais rassurons-nous, avec le raz de marée financier qu’il a amené dans les caisses de Disney, la saga des super-héros Marvel n’est pas prête de s’arrêter, les combinaisons moulantes ont encore de beaux jours devant elles… 😉

 

The Wandering Earth, de Frant Gwo

Les Chinois ont décidé de frapper fort, et pour ce faire ils sont allés voir comment procèdent les Américains avec leurs blockbusters. Et voici donc que débarque « The Wandering Earth » (basé sur une nouvelle de Liu Cixin), film de science-fiction qui met les bouchées doubles sur les effets spéciaux… et pas grand chose dans le reste. Oui incontestablement, les Chinois sont allés à l’école d’Hollywood !

Le scénario est ultra simple et pas crédible ni réaliste pour un sou (le soleil va mourir. Pourquoi ? Comment ? On s’en fout, mais il va mourir, il faut donc que l’humanité quitte le système solaire. Pour cela, les différents gouvernements se fédèrent et lancent le projet « Wandering Earth » censé propulser la Terre vers une autre étoile à l’aide de moteurs colossaux parsemés sur toute sa surface. Evidemment, tout ne se passera pas comme prévu. Dans tout ça, on ne se pose pas la question de savoir ce qu’est devenue l’atmosphère autour d’une Terre qui ne tourne plus sur elle même (la rotation a été arrêtée par de moteurs « de couple », surpuissants et encore plus énormes que les autres) ni comment la recréer ultérieurement…) même s’il ne manque pas d’un certain sense of wonder par ailleurs particulièrement boosté par des images absolument superbes (et je ne parle pas ici seulement d’effets spéciaux mais bel et bien d’esthétique visuelle, notamment sur les scènes « spatiales » joviennes…). Une grosse partie du budget (50 millions de dollars, pas si énorme que ça quand on le compare aux 350 millions de « Avengers Endgame »…) est très certainement passée dans les effets spéciaux, assez renversants il faut bien le dire.

Pour le reste, toujours conforme à ce que font les Américains, c’est héroïsme à tous les étages, sacrifices divers et varié, musique tonitruante, quelques moments d’émotion dès qu’on touche à la famille, etc… Pas de surprise à attendre dans ce film catastrophe, les péripéties s’enchaînent avec la volonté d’en faire toujours plus. Les acteurs, peut-être est-ce une façon d’en rajouter encore une couche, en font des tonnes, c’est surjoué à mort. Mais on s’y fait et le film se laisse regarder, cerveau débranché mais yeux grands ouverts. À la limite, ça doit valoir le coup de couper le son pour en faire un joli fond d’écran dynamique.

Ceci dit, si on regarde ce film comme on lirait un roman de SF des années 40 ou 50, avec tous ces gadgets plus improbables les uns que les autres et des personnages taillés à la serpe, ça passe plutôt bien, l’aspect ultra positif en moins. Et puis bon sang, on fait sortir la Terre du système solaire avec d’énormes moteurs planétaires ! C’est pas la classe ça ?

 

Game of Thrones saison 8, de David Benioff et Daniel B. Weiss

** Critique sans spoiler ! **

Et voilà, this is the end, la fin d’une longue et belle histoire qui nous aura tenu en haleine pendant huit ans. Et ou pourrait dire bien des choses sur cette ultime saison, notamment sur le fait qu’elle est dans la droite lignée de la saison 7 et que donc tout va beaucoup trop vite, en passant par des incohérences qui ne sont rien d’autre que des facilités scénaristiques pour faire avancer l’intrigue à marche forcée. On se demande bien pourquoi les showrunners ont refusé de faire cette saison en 10 épisodes plutôt qu’en 6. À moins que des négociations avec Disney pour réaliser la prochaine trilogie « Star Wars » n’aient eu leur part dans cette décision… Tant pis, il va falloir se contenter de ça.

Alors certes, le développement des personnages n’est plus à la hauteur des saisons précédentes, mais je vois ça comme un resserrement de l’intrigue auteur de deux « pôles d’attraction », à savoir Winterfell et Port-Réal. Le reste est pour ainsi dire plus ou moins inexistant (ou trop faible pour peser) puisque détruit ou presque durant les saisons précédentes, la complexité des intrigues de cour dues à l’intervention et aux manigances de multiples personnages n’a donc plus lieu d’être.

Mais il est vrai que tout va trop vite, et si les réactions des personnages s’expliquent si on y réfléchit deux minutes, elles sont parfois mal amenées. C’est dommage parce que le show est resté concentré sur ce qu’il a établit ces dernières années, tout est logique, mais ces raccourcis des deux dernières saisons pèsent sur la balance… Et si la série a moins joué cette année sur la tension permanente qui pesait sur les personnages précédemment (à chaque épisode on pouvait perdre un personnage important sans s’y attendre), au bout du compte les morts se seront à nouveau bien accumulés.

Quant à la conclusion, annoncée comme douce-amère, elle est selon moi tout à fait satisfaisante même si on pourrait la trouver plus douce qu’amère. En tout cas pour certains personnages ! 😉 L’essentiel c’est qu’elle clôt de belle manière tous les arcs narratifs d’une série qui aura marqué son temps (narrativement comme visuellement, cette saison est d’ailleurs extraordinaire sur ce dernier point). Et ce rush des deux dernières saisons aura aussi un effet positif : la version de G.R.R. Martin saura certainement corriger ces failles scénaristiques en ajoutant de la substance et du contexte là où la série en manque parfois cruellement. Plus que quelques semaines mois années d’attente… 😉

 

  
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