Dagon – Les carnets Lovecraft – H.P. Lovecraft, illustré par Armel Gaulme

Posted on 14 octobre 2019
Lovecraft, Lovecraft, LovecraftLovecraft fait vendre, c’est évident, et les éditeurs l’ont bien remarqué. Voici donc ici une nouvelle itération d’une nouvelle bien connue, « Dagon », illustrée, ou plutôt « croquée » par Armel Gaulme. Le potentiel évocateur des nouvelles du maître de providence est tel qu’en faire des versions illustrées tombe sous le sens, que cela vienne de Gou Tanabe, François Baranger ou bien comme ici Armel Gaulme.

 

Quatrième de couverture :

LA NOUVELLE DE H.P. LOVECRAFT ILLUSTREE PAR ARMEL GAULME

Océan Pacifique, Première Guerre mondiale. Intercepté par un destroyer allemand, un officier de la marine marchande parvient à fausser compagnie à ses geôliers. Après des jours d’errance sur les flots du sud de l’Équateur, il échoue sur un continent inconnu, comme surgi des eaux. C’est sur cette terre sinistre jonchée de carcasses qu’il croisera le chemin d’une créature gigantesque, qu’on nommera Dagon, le Dieu-poisson. Miraculeusement sauvé mais hanté par des visions cauchemardesques, il témoignera de l’expérience qui l’a laissé aux portes de la folie.

Né en 1981 d’un père ethnologue et d’une mère grand reporter, ARMEL GAULME est un illustrateur diplômé de Penninghen-Académie Julian. Avec Les Carnets Lovecraft, il trouve l’opportunité de conjuguer son affection pour les carnets de croquis et sa passion pour Howard Phillips Lovecraft. Initiée avec la courte nouvelle Dagon, cette expérience propose une immersion dans l’univers littéraire du maître de Providence, une projection visuelle de ses cauchemars et de ses obsessions.

 

Dagon croqué par Gaulme

J’ai déjà parlé de « Dagon », lu dans le deuxième volume des recueils de Lovecraft publiés chez Bragelonne. Nouvelle courte mais efficace, prémices d’un « L’appel de Cthulhu » qui lui sera en tout point supérieur, ce texte écrit tôt dans la vie de Lovecraft (en 1917, il avait alors 27 ans)  et qui sera son premier publié par le pulp « Weird tales » (ce qui lui donne une grande importance dans son oeuvre) n’est pas le plus remarquable de la bibliographie de l’auteur. Il ne manque malgré tout pas de quelques images fortes ni de qualités et de techniques narratives que l’auteur réutilisera à plusieurs reprises (texte raconté après les faits par un narrateur au bord de la folie…). Malgré tout, il ne pourrait prétendre nécessiter à lui seul un article sur ce blog.

Mais c’est sans compter sur les éditions Bragelonne qui, constatant que des versions illustrées des textes de Lovecraft semblent être attendues par les amateurs (et qu’elles se vendent sans doute bien), lancent une nouvelle « collection » avec ces « Carnets Lovecraft » reprenant différentes nouvelles illustrées par Armel Gaulme, la première étant donc « Dagon ».

 

  

 

Passons donc sur le texte en lui-même, sur lequel je n’ai pas grand chose de plus à dire que ce que j’ai déjà indiqué plus haut, pour aborder les illustrations, ou plutôt les croquis d’Armel Gaulme. Ce livre est en effet un carnet de croquis, des scènes en noir et blanc reprenant bien sûr celles du texte tout en l’étoffant un peu avec quelques illustrations allant plus loin dans le détail que ce que décrit Lovecraft. C’est joli, c’est évocateur, et cela donne même l’impression que c’est le narrateur lui-même qui a effectué ces dessins, donnant donc encore plus de corps à son témoignage. Parfois en pleine page, parfois en double-page, parfois sur un morceau de page, la présentation est simple mais belle, sur un papier qui convient d’ailleurs très bien à ce style d’illustrations. Armel Gaulme s’est clairement focalisé, à la manière de Lovecraft finalement, sur les décors, l’ambiance générale, mais aussi sur quelques détails, à la manière d’un archéologue qui aurait découvert des vestiges inattendus et qui s’empresserait de les retracer sur papier. Pour ce qui est de l’indicible en revanche, il est clairement mis au second plan, ce qui n’a d’ailleurs rien d’anormal compte tenu de ce que le texte nous présente.

 

  

 

Ce petit livre se termine sur un texte d’Armel Gaulme lui-même qui revient sur son attrait pour Lovecraft, son approche de l’oeuvre de l’écrivain en tant qu’illustrateur, etc… Intéressant, il permet de mieux comprendre le choix des croquis qui apparaissent dans ce carnet.

Le résultat est donc plutôt probant. Reste à voir si les lecteurs sont prêts à mettre 15,90€ dans une nouvelle (qui sera suivie par d’autres, la prochaine étant « La cité sans nom », potentiellement tout aussi intéressante à illustrer mais qui est elle aussi relativement courte…) certes illustrée mais qui, dans l’absolu, se lit en une petite vingtaine de minutes (et qui ne prend que 55 pages TRÈS aérées sur les 80 que comprend effectivement le livre). Un recueil aurait peut-être permis d’améliorer le rapport prix/temps de lecture. Oui je sais, si c’est bon, c’est l’essentiel mais à un moment la problématique du prix finit quand même par apparaître quand on n’a pas gagné au Loto. Ce « Carnet Lovecraft » est donc un peu sur le fil du rasoir et son appréciation dépendra directement de ce que le lecteur/acheteur est prêt à débourser dès lors qu’il s’agit de textes de Lovecraft

 

Lire aussi les avis de Célindanaé, Inod, Vincent Degrez, Nathalie Z., Madoka.

 

  
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