Exposition « Sur les traces de Tolkien et de l’imaginaire médiéval. Peintures et dessins de John Howe »

A Landerneau dans le Finistère (29) a lieu depuis le 25 juin 2023 jusqu’au 28 janvier 2024 une exposition dédiée aux oeuvres de John Howe, intitulée « Sur les traces de Tolkien et de l’imaginaire médiéval », proposée par le Fonds Hélène et Edouard Leclerc, situé dans le joli bâtiment qui fut jadis le Couvent des Capucins.

 

   

   

 

Proposant différentes salles thématiques avec textes et vidéos, au gré d’un cheminement relativement libre mais balisé par de très vastes panneaux illustrés (permettant d’admirer des détails précis, l’un de ces panneaux, « Les portes d’Heorot », issu de « Beowulf » et dont l’original est présent sur l’expo, conclut d’ailleurs ce cheminement comme pour indiquer au visiteur qu’il ne lui reste plus qu’à pousser ces portes pour découvrir un vaste monde dont l’exposition ne lui a offert qu’un petit extrait), la scénographie très efficace met évidemment en valeur les oeuvres de l’artiste canadien (plus de 250 sont exposées, il s’agit de la plus importante exposition jamais consacrée à Howe). Croquis au crayon, peintures à l’aquarelle et/ou gouache, illustrations numériques, tout le talent de John Howe explose dans cette magnifique expo qui permet d’admirer les originaux de tableaux très connus ou d’autres plus confidentiels, avec en plus quelques oeuvres inédites.

 

   

   

 

La progression du visiteur l’amène à découvrir différentes facettes de l’oeuvre de John Howe, qu’elle soit en lien avec Tolkien ou non. Ainsi, en revenant aux sources de l’imaginaire médiéval (le Roi Arthur, les sagas islandaises et les Eddas, le Kalevala, Beowulf…), le visiteur est mieux à même d’appréhender, ne serait-ce qu’en partie, les fondements du « légendaire » de Tolkien tout autant qu’il peut comprendre l’approche de John Howe en matière d’illustration des textes de l’auteur anglais.

 

   

   

 

La nature, la guerre, l’architecture, les dragons, les armes, en plus de quelques éléments biographiques et d’autres thèmes « annexes » (les préraphaélites, William Morris et le style « Arts and Crafts », l’Anneau des Nibelungen…) parfois mis en lumière par quelques objets authentiques (pièces d’armure, carreaux de faïence et tenture avec des motifs de William Morris, tableaux originaux comme le superbe et très évocateur « Les lavandières de la nuit » de Yan’ Dargent) prêtés par différents musées, on a là une vaste vision de ce que John Howe a produit pour illustrer les plus célèbres récits de Tolkien. Avec toute la latitude laissée par l’auteur qui ne décrivait pas dans les moindres détails ses paysages, ses villes ou ses bâtiments, John Howe a pu non seulement forger sa propre vision de la Terre du Milieu mais également, comme chacun sait, collaborer avec Peter Jackson dans un premier temps puis Amazon dans un second temps pour la faire vivre à l’écran, ce que l’expo montre également à travers deux salles spécifiquement dédiées aux adaptations. Difficile de ne pas laisser échapper un petit sourire quand on découvre un concept-art de l’arrivée de Gandalf en Comté qui ressemble de très près à ce que le film nous a montré…

 

   

   

 

On y découvre notamment, sur cette partie « Adaptations », que Howe, qui n’est pas un « spécialiste » du numérique, a été obligé de s’y mettre puisqu’on ne travaille pas pour le cinéma sans passer par le numérique. Oeuvres dessinées à la main puis numérisées, ou bien entièrement numériques (avec une certaine perte d’authenticité ou de chaleur typique des illustrations « à la main »…), là encore le talent de l’artiste fait mouche.

 

   

   

 

Pas besoin d’en dire beaucoup plus, vous avez jusqu’au 28 janvier pour vous précipiter à Landerneau, cette somptueuses expo vaut largement le détour. J’y ai personnellement passé presque 2h30 à me délecter des oeuvres exposées, certaines ultra connues, d’autre moins, largement dédiées à Tolkien mais pas seulement (on y trouve aussi du Robin Hobb, du Guy Gavriel Kay, du David Gemmell, du George R.R. Martin et quelques autres, ainsi que des illustrations plus personnelles comme ces impressionnantes peintures de statues monumentales dans la suite « Kingdom of Brass »…), en les détaillant et en replongeant une nouvelle fois avec bonheur dans cette Terre du Milieu qui, dans mon esprit (moi qui ai lu les textes de Tolkien dans les années 90, déjà à l’époque en partie mis en valeur par l’illustrateur canadien), doit tant à John Howe.

 

   

     

 

A défaut, vous pouvez aussi vous tourner vers le catalogue de l’exposition, qui porte le même nom, dans lequel vous retrouverez l’essentiel des textes et des oeuvres proposés dans l’exposition. Et si en plus, comme ce fut le cas pour moi, vous vous déplacez sur l’exposition le jour où l’artiste dédicace le catalogue, vous faites un grand chelem (au prix d’un peu d’attente, 1h30 pour moi, c’est qu’il a ses admirateurs John Howe !) et vous repartez avec un superbe livre dédicacé sous le bras. Bonheur total. 😉

 

     

   

 

  
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