Zapping VOD, épisode 51

Posted on 9 mars 2020
Neuf mois sans zapping ! La gestation de ce nouveau numéro aura été longue… Mais les vacances scolaires et un enfant qui passe du temps chez mamie nous auront permis de rattraper (une petite partie de) notre retard cinématographique, plus ou moins récent.

 

Parasite, de Bong Joon-Ho

Là clairement, le film ayant tellement fait l’actualité ces derniers mois avec rien de moins que la Palme d’Or à Cannes et quatre Oscars aux US, tout le monde en a entendu parlé et tous ceux plus ou moins intéressés par le film l’ont sans doute déjà vu… Sauf peut-être ceux qui ont des enfants… 😀

Toujours est-il que, pour faire court, le film mérite à 100% sa renommée et les prix qu’il a reçus. Il est varié, inventif, intelligent, surprenant, corrosif. Bong Joon-Ho a eu la riche idée de mélanger les genres, faisant de son film tour à tour une comédie, un thriller, un film social. Jouant avec les sentiments que les spectateurs auront à l’égard de cette famille pauvre tentant de jouer les parasites auprès d’une famille riche en profitant habilement de leur niveau de vie, le réalisateur coréen nous les présente sous un jour sympathique avant de progressivement révéler l’envers du décor, un envers bien moins reluisant qu’il n’y parait.

Mais chacun a ses torts dans ce film incisif et complexe sur le plan relationnel, où l’intrigue prend progressivement une tournure très radicale. Imprévisible, passant du rire aux larmes, parfois terrifiant, “Parasite” est une réussite totale.

 

Gatsby le magnifique, de Baz Luhrmann

Posons les choses d’emblée : je n’ai pas lu le roman de Francis Scott Fitzgerald, dont est tiré le film de Baz Luhrmann. Voilà qui est dit, ce qui m’empêche de faire quelque comparaison que ce soit et de ne prendre le film que pour ce qu’il est : un film.

Un film pas désagréable, même si, Baz Luhrmann oblige, tout cela est très clinquant, très coloré. On aimera ou non, j’avoue pour ma part avoir frôlé l’overdose devant cette débauche d’effets visuels numériques omniprésents et très tape-à-l’oeil, mais qui donnent aussi au film une identité visuelle unique… Idem pour la partie musicale où les anachronismes sont une marque de fabrique mais participent là aussi à lui donner un charme indéniable.

Pour le reste, le film dispose d’un casting très réussi avec notamment un Leonardo DiCaprio au top, comme d’habitude, et un Tobey Maguire à qui l’innocence et la naïveté de son personnage conviennent très bien. La fragilité du personnage interprété par Carey Mulligan est également parfaite.

Mais le film ne parvient malgré tout jamais à décoller complètement, peut-être un peu plombé par cette mise en scène grandiosement kitsch (mais très réussie dans son genre) et un peu indigeste qui étouffe une histoire qui aurait mérité un peu plus de délicatesse.

 

Ad Astra, de James Gray

“Ad Astra” nous emmène aux confins de Neptune pour étudier en profondeur les états d’âmes d’un astronaute à la recherche de son père (héros de la conquête spatiale) qu’il croyait mort et dont les autorités lui indiquent qu’en plus d’être vivant, il pourrait bien être une menace pour l’humanité…

Le film est en fait très psychologique, et même s’il ne manque pas de scènes propres à faire se dresser les poils des amateurs de SF (sur la Lune, dans la station norvégienne, autant de scène très jolies mais qui n’ont qu’un très faible impact sur l’intrigue, ou disons plutôt qu’elles amènent de manière très mécanique quelques changements pour remettre le personnage de Brad Pitt au centre de l’attention), le fond même du film n’a rien de SF.

Pour autant, “Ad Astra” est visuellement superbe, très contemplatif dans sa mise en scène qui prend le temps de prendre son temps (un changement bienvenu par rapport aux films épileptiques qu’on nous sert trop régulièrement). On n’a certes pas droit au célèbre morceau “Ainsi parlait Zarathoustra” mais Max Richter et Lorne Balfe ont fait un excellent boulot sur la partie musicale.

Tout cela nous donne un très beau film, à la fois dense et aérien, intime et spatial, une sorte d’épure psychologico-SF existentialiste qui nous emmène infiniment loin dans l’espace pour affronter ce qui est là, tout près, dans notre coeur. Mais il manque peut-être un tout petit peu d’émotion pour totalement emporter l’adhésion malgré l’excellente prestation toute en retenue de Brad Pitt. Remarquable malgré tout.

 

  
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