Zapping VOD, épisode 52

Posted on 30 mars 2020
Et voilà, les vacances scolaires que Mini-Miss passe dans la famille pendant que les parents travaillent, c’est aussi pour ces derniers un peu les vacances. Trois nouveaux films donc, pour autant de temps de lecture en moins mais surtout pour un peu de détente fort agréable comme on le constate ci-dessous… 😀

 

Your name, de Makoto Shinkai

Cela faisait bien longtemps que je voulais regarder ce film, et c’est enfin chose faite. Il est parfois dangereux d’être appâté par les commentaires des uns et des autres, avec à la clé un risque de déception non négligeable, surtout quand, comme ici, les avis étaient très majoritairement laudatifs. Aucune déconvenue ici, les film tient toutes ses promesses.

Sur le plan artistique tout d’abord, réussite totale. Pas tant sur les personnages, relativement classiques pour un film d’animation japonais (quoique l’animation soit de très bonne qualité), que sur les décors absolument splendides. Qu’ils soient urbains ou ruraux, c’est magnifique, le soin apporté aux détails est impressionnant, chaque décor relevant presque du tableau de maître. Superbe.

Mais le fond est lui aussi tout à fait réussi. Cette histoire d’amitié/amour entre deux personnages que tout sépare, si elle n’a elle non plus rien de particulièrement original au départ, le devient de par la manière dont elle s’installe, c’est à dire à travers le temps et l’espace avec ces deux personnages qui se réveillent successivement dans le corps de l’autre. C’est plutôt fin, drôle autant qu’émouvant, avec aussi un peu d’action quand il le faut.

Ici ou là, la critique d’une société japonaise un peu sclérosée et victime de son attachement aux vieilles traditions au détriment de l’avenir de sa jeunesse se fait sentir. L’intrigue du film n’est pas sacrifiée sur l’autel de la simplicité et s’il peut être considéré comme un long-métrage sur les amours adolescents mêlés aux affres que cet âge amène souvent avec lui, “Your name” est avant tout un film pour tous, pour qui a envie de rire et de pleurer, car c’est souvent quand les deux sont habilement mêlés que la magie opère. Et c’est bien le cas ici.

 

Europa report, de Sebastián Cordero

Petit film tourné en 18 jours pour moins de 10 millions de dollars, “Europa report” est une vraie réussite. Narrant les évènements vécus par une équipe d’astronautes en route vers Europe, un des gros satellites de Jupiter, pour tenter d’y découvrir une éventuelle vie extraterrestre, le film du réalisateur équatorien Sebastián Cordero, basé essentiellement sur des vidéos délivrées par les différentes caméras du vaisseau, étonne par sa maîtrise.

Scientifiquement tout à fait crédible et réaliste quant à ce qui relève de l’exploration spatiale, le film délaisse les effets tape à l’oeil pour plus de retenue, ce qui sert à 100% son sujet, à savoir une mission spatiale qui ne va pas être une sinécure. Du coup, le suspense fonctionne, et la crédibilité de l’ensemble s’en trouve renforcée.

Sans s’éterniser (le film dure 1h30), “Europa report” joue donc efficacement sur plusieurs tableaux : thriller, found-footage, science-fiction, et ce mix fonctionne très bien. Certes, sur le plan purement narratif, on pourra trouver que les vidéos présentées dans le désordre ne sont là que pour entretenir par moment un faux suspense, notamment avec ces vidéos post-mission qui montrent très bien que le déroulé de la mission est connu des protagonistes mais pas du spectateur, cet aspect “déchronologique” est donc un pur artifice de narration qui n’est à aucun moment justifié. Un petit écueil qui n’entache en rien la qualité de l’ensemble. Une belle réussite donc pour un petit film qui mérite sa bonne réputation. Vivement conseillé !

 

Dernier train pour Busan, de Yeon Sang-Ho

Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas grand amateur de zombies. Mais là encore, “Dernier train pour Busan”, avec ses critiques très positives, m’a intrigué. Le fait qu’il ne soit pas un film américain (avec un balisage narratif mille fois vu) n’y est sans doute pas pour rien…

Et j’ai bien fait de m’y mettre car pour tout dire j’ai vraiment apprécié. On dit souvent que les zombies ne sont qu’un prétexte pour parler de l’humanité et de ses travers, de notre société et de ses maux. C’est ce que fait “Dernier train pour Busan” avec cette épidémie qui est la conséquence d’une spéculation financière qui ne cherche rien d’autre que le profit à tout prix, et avec ses personnages attachants (le père et sa fille, donnant lieu à de touchantes réflexions sur la parentalité et l’entraide entre différentes strates de la population) ou révoltants (le cadre dirigeant, un brin caricatural malgré tout).

On a donc droit à une critique sociale et politique couplée à des enjeux humains qui embarquent le spectateur dans une crispante (Madame était à fond dans le film ! 😀 ) course effrénée vers un point de sauvetage peut-être illusoire. Le tout illustré par une belle réalisation (lisibilité totale de l’action, c’est assez rare pour être souligné) qui se joue des contraintes de mise en scène imposées par le train pour en faire un point fort.

Socialement fort, politiquement engagé à sa manière, avec un suspense savamment dosé (reprenant les passages obligés du genre, mais de belle manière) et une réalisation au poil (malgré quelques artifices un peu “cheap” ici ou là), on aurait tort d’éviter le film sous prétexte qu’il n’est qu’un simple film de zombies. “Dernier train pour Busan” est bien plus que cela, et c’est notamment un très bon film tout court.

 

  
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